Élève à l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris, Louis Cane s’occupe, durant les événementsde mai 1968, de l’atelier d’affiches populaires de l’école, et rencontre Marc Devade. Commece dernier, il participe aux expositions du groupeéphémère Supports/Surfaces et cofonde, en 1971,
la revue Peinture, cahiers théoriques. Lors d’une première exposition à la galerie Givaudan à Paris,en 1969, il présente des papiers collés ainsi que des « Tampons », toiles recouvertes de traces d’un tampon indiquant « Louis Cane artiste peintre », manière d’associer son statut d’artiste à un métier artisanal. La série emblématique des toiles « Sol/Mur », qu’il commence un an après, est présentée àla galerie Yvon Lambert en 1972
Les oeuvres de cette série, à l’instar de celle dumusée Fabre, se composent de draps découpés etcousus, qui se déploient sur le mur et sur le sol, à
l’image d’un tapis. Réflexion sur les limites de la peinture et sur ses rapports avec l’espace environnant,la production de ces toiles libres, agrafées
directement au mur, est un moyen de déconstruire,physiquement et intellectuellement, la structure traditionnelle du tableau. La pratique picturale de Cane se décompose en plusieurs opérations : la toile, posée au sol, est vaporisée, puis pliée endeux, découpée et redéployée, avant d’être reprise au pinceau. Dans la lignée d’Henri Matisse, Louis Cane « coupe » dans la couleur, une façon pour luide considérer l’articulation entre le cadre et le champ coloré. Influencé également par le all-over et la peinture Hard-Edge américaine, il associe chaque bande de toile à une couleur pure « indissociable du format qui la porte ». Comme il le dit lui-même, « le format influence la façon de poser la couleur. Un des aspects spécifiques du travail du peintre est alors de “neutraliser” ce format à travers les effets picturaux qu’il porte ». MMW
Numéro d'inventaire
96.8.1
Date
1970
Thème
- Les couleurs
- Abstraction